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Dans le contexte de la globalisation, l’intelligence apporte finalement des réponses organisationnelles et opérationnelles à de nombreuses organisations qui veulent devenir plus compétitives dans un environnement toujours plus complexe. En définitive, les systèmes d’information que cet objet permet de mettre en place ont comme objectif de promouvoir au maximum la circulation de l’information en vue de son utilisation pour la prise de décision. Les théories et les méthodes de l’intelligence, dans un tel contexte, sont donc devenues primordiales car les avantages compétitifs ne résident plus dans la détention de l’information mais bien dans sa diffusion et dans son utilisation en vue de la création de connaissance.

Enfin, si l’intelligence, sous ses différentes formes, s’est largement développée dans les entreprises, elle reste encore trop peu considérée dans le secteur public. De même, la déréglementation des marchés et l’affaiblissement de la frontière public privé, sont des phénomènes, induits par la mondialisation, qui doivent inciter les administrations publiques à prendre en considération de telles théories en vue de l’amélioration de leurs services et de leur positionnement par rapport au développement technologique et au nouvel ordre mondial.

Un développement harmonieux de la politique stratégique d’une organisation doit être guidé par une perception à double échelle. Il est nécessaire de prendre en considération tous les facteurs extérieurs et globaux qu’ils soient politiques, économiques, sociaux ou encore culturels, inculquant une vision mondiale et concurrentielle pour une application locale, c'est-à-dire au niveau du rayonnement de l’organisation, qu’elle soit publique ou privée. Cette dualité permanente entre une vision globale et une action locale est le véritable défi du professionnel de l'intelligence.

Le positionnement stratégique d’une institution publique, à l’interface entre plusieurs pays, plusieurs cultures et plusieurs communautés lui confère, dans un contexte international marqué par l’accélération des changements géopolitiques, économiques et environnementaux un rôle essentiel dans la coopération scientifique et universitaire franco-brésilienne. En menant, dans cet ouvrage, une réflexion sur la mise en application de la démarche d’Intelligence Economique Territoriale (IET) dans un centre d’information à vocation internationale du secteur public, nous avons pu constater que :
•    Cette démarche est applicable, dans ses concepts, ses méthodes et ses outils, à une structure limitée en termes de taille, de budget et de ressources humaines ;
•    Elle doit être réfléchie au niveau de la gestion du centre d’information, par rapport à son environnement et aux missions qui lui sont attribuées, mais également d’une manière plus générale par rapport à son positionnement dans la démarche de développement actuel de l’IET en France.

L’intérêt de ce travail a également été de démontrer que la production d’indicateurs, comme source d’informations stratégiques, est un instrument d’analyse de l’activité scientifique et de ses relations avec le développement économique et social. Intégrée dans la démarche d’IET en France, elle est fondamentale puisqu’elle permet :
•    De dresser un état des lieux de la Science d’un pays ou d’une région déterminée ;
•    D’évaluer la position de ce pays, ou de cette région, dans le contexte international ;
•    De faire le bilan de la collaboration scientifique et technologique de ce pays au niveau mondial.

Aussi son utilisation devrait être généralisée comme étude préliminaire pour l’établissement des relations de coopération, ou encore pour répondre à la problématique de l’évaluation des politiques de développement des relations internationales. Pour répondre à ce besoin, une prise de conscience au niveau des responsables politiques est donc nécessaire.

Plus généralement, les concepts, les méthodes et les outils de l’intelligence économique, utilisés initialement pour soutenir la compétitivité des entreprises, peuvent donc être transposés aux organisations publiques dans le but de servir, non plus les bénéfices de l’entreprise, mais l’intérêt général. Leur prise en considération a permis de développer considérablement l’implication d’un centre d’information dans le soutien de la coopération scientifique et universitaire franco-brésilienne :
•    Grâce à la centralisation de l’information sur les projets et les acteurs de la coopération ;
•    Par la promotion des flux d’informations bilatéraux ;
•    En mettant à la disposition des acteurs de la coopération une structure mobilisable pour la réalisation d’études prospectives sur l’ensemble du territoire brésilien.

Le Brésil a déjà compris les enjeux de la mise en place de la gestion stratégique de l’information au niveau des organisations publiques en développant, à l’échelle nationale et internationale, des réseaux de collaboration ayant pour fonction de soutenir la compétitivité du tissu productif local. Citons, par exemple :
•    Le Ministère du Développement, de l’Industrie et du Commerce Extérieur (MDIC) brésilien qui a mis en place un réseau de télécentres (Telecentro de Informações e Negócios) qui offre des cours, présentiels ou à distance, des informations comme des services dans le but de fortifier la compétitivité des micros et petites entreprises. Ils permettent de mettre en relation des entrepreneurs avec des institutions publiques ou privées, et des organisations non gouvernementales. Leur instauration a permis d’intégrer ces entreprises dans la Société de l’Information en leur donnant accès aux TIC et, par la même, de créer, pour ces dernières, de nombreuses opportunités de travail qui ont déjà permis d’améliorer leur croissance et leurs bénéfices
•    Le Centre de Biotechnologie de l’Amazonie, par l’intégration des méthodes et applications de l’Intelligence Compétitive, joue désormais un rôle important dans la promotion de l’innovation technologique à partir de produits issus de la biodiversité de la forêt amazonienne. Son instauration a permis de favoriser le développement régional par une forte agrégation de valeur sur la biodiversité amazonienne grâce à une meilleure gestion de la connaissance.

En France, le développement de l’Intelligence Economique, qui est devenu une priorité pour l’Etat, devrait logiquement lui permettre d’intégrer ces problématiques à différentes échelles. Au niveau transversal, tout d’abord, par la mise en place, au niveau régional, de structures de soutien de la compétitivité. Deux préfectures de régions sont déjà impliquées dans ce processus. Puis, au niveau vertical grâce à de nombreuses structures (ARIST, ANVAR, ARIE, CPRIE, ADEME, DRIRE, DRRT) qui, par leur mission et leur positionnement, sont prêtes à intégrer la démarche d’Intelligence Economique Territoriale. Nous espérons que cet ouvrage permettra de constituer une source d’informations importante dans la mise en place de nouvelles applications de l’Intelligence Economique Territoriale dans ces organisations.
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