A.
Introduction générale
Dans un contexte international profondément
marqué par la
mondialisation des marchés et
l’accélération, toujours grandissante,
des
changements géopolitiques, économiques et
environnementaux, le progrès technologique a
imposé des
réarrangements importants dans l’ensemble des
secteurs de
production. Les Etats n’échappent pas à
cette
problématique. Ils doivent se confronter à une
interdépendance croissante entre les nations qui leur impose
de
développer activement leurs relations internationales.
Ainsi, la redéfinition géopolitique des
puissances
mondiales fait naître de nouveaux enjeux qui imposent aux
différentes nations la révision des rapports de
coopération qu’elles entretiennent au niveau
international, notamment avec les pays dits «
émergents
» comme la Chine ou le Brésil. En effet, le
potentiel de
croissance de ces pays nécessite de les inclure activement
dans
le développement de collaborations,
particulièrement dans
les secteurs clés comme la Science et la Technologie.
Aussi, les impératifs liés à cette
évolution réaffirment l’enjeu
stratégique
que représente l’exploitation de
méthodes, de
structures et d’outils au service de la gestion des flux
d’informations au niveau international. Ainsi,
l’essor de
nombreuses disciplines axées sur l’information a
permis de
mettre en place des structures spécialisées dans
le
maintien de la compétitivité de façon
quasi
systématique, dans la plupart des grandes entreprises, mais
de
manière inégale au niveau des PME-PMI et des
services de
l’Etat.
En France, le « renouveau » de
l’Intelligence
Economique qui fait suite à la publication encore
récente
du rapport « Intelligence Economique,
Compétitivité
et Cohésion Sociale » du
Député Bernard
Carayon montre clairement la volonté politique
française
de soutenir la compétitivité et
l’influence de la
France au niveau international. La mise en place de structures de
gestion de l’information stratégique devrait
permettre de
faciliter l’accès à la connaissance et
au
marché mondial pour les acteurs territoriaux, mais
également pour les PME-PMI qui en dépendent.
C’est pourquoi, face aux lacunes encore actuelles quant
à
la prise en compte nécessaire de recourir aux concepts et
aux
outils de l’Intelligence Economique Territoriale dans le
secteur
public, il est important de mettre en place un centre
d’information « pilote » pour prendre en
considération ces problématiques. Au
même titre que
les organisations privées, le centre d’information
doit
s’adapter aux contraintes de son environnement. Si les
finalités sont différentes, le contexte
général reste le même. Il est, en
effet,
nécessaire que les organisations publiques
s’approprient
les outils de l’Intelligence Economique, dans un contexte qui
lui
est propre.
Aussi, l’objet de ce mémoire est de montrer que la
démarche d’Intelligence Economique Territoriale
(IET)
appliquée à un Centre d’Information du
Secteur
Public français permet de soutenir le
développement et la
promotion des relations de coopération scientifique et
universitaire à l’échelle
internationale. Nous
illustrerons nos propos en montrant comment cette démarche a
fait du CenDoTeC (Centre franco-brésilien de Documentation
Technique et Scientifique) une structure de soutien pour le
développement de la coopération scientifique et
universitaire franco-brésilienne.
B. Cadre de
l’étude
Le CenDoTeC présente un double statut. De par son statut
français, il est, depuis 1983, un organisme à
autonomie
financière du Ministère des Affaires
Etrangères
(MAE), d´où proviennent ses ressources.
Placé sous
l’autorité du Service de Coopération et
d’Action Culturelle (SCAC) du Consulat
Général de
France à São Paulo (CGFSP), de
l´Ambassade de
France au Brésil (AFB) et de la Direction
générale
de la Coopération internationale et du
Développement
(DGCID), le CenDoTeC a pour vocation de promouvoir la
coopération scientifique, technique et technologique
franco-brésilienne et de faire la promotion, sur
l’ensemble du territoire brésilien, des
études en
France.
De plus, en tant qu´association brésilienne,
créée en 1978, le CenDoTeC s’inscrit
parfaitement
dans le tissus universitaire et industriel local ce qui lui
confère une position stratégique pour contribuer
au
développement des relations entre la France et le
Brésil
dans les domaines scientifiques et technologiques.
L’association
est par ailleurs dirigée par des personnalités
politiques
et scientifiques brésiliennes qui lui garantissent une bonne
crédibilité auprès des acteurs
brésiliens.
Le CenDoTeC a profondément évolué
durant la
période de septembre 2000, septembre 2004. Cette
évolution était inévitable dans le
contexte de
fermeture des CEDUST (Centres de Documentation Universitaire,
Scientifique et Technique). Ces modifications lui permettent,
malgré un budget relativement modeste, de se positionner
désormais comme un centre moderne de diffusion
d'informations
scientifiques et techniques stratégiques, atteignant
maintenant
un public important (de l’ordre de 45.000 personnes par mois)
à trois niveaux d’intervention :
•
Décentralisé : De part son positionnement sur le
territoire brésilien, il participe à la mise en
place de
nombreux événements qui lui permettent
d’asseoir la
politique de la France en matière de Science, technologie et
innovation.
• Bilatéral : Ayant
misé sur
l’utilisation des TIC (Technologies de
l’Information et de
la Communication) au cœur de cette action, il a
favorisé
le rapprochement virtuel des deux territoires français et
brésiliens.
• Régional : Par la
diffusion
d’informations scientifiques, techniques et technologiques
vers
le Cône Sud et l’Europe.
Le CenDoTeC se positionne donc à l’interface entre
plusieurs territoires : territoires géographiques, entre
deux
pays, mais aussi culturels et virtuels, puisqu’il
intègre
dans la nature même de ses relations la culture
française
et brésilienne et l’utilisation abondante des TIC
dans sa
propre politique de communication et de diffusion de
l’information. Ce positionnement lui assigne une valeur
stratégique dans l’élaboration, le
maintien et
l’évaluation des politiques scientifiques entre la
France
et le Brésil. Ses principales fonctions, dans les domaines
scientifiques, technologiques et techniques consistent à :
•
assurer les échanges d’informations dans un sens
bilatéral ;
• diffuser des
activités de coopération
franco-brésilienne ;
• assurer la promotion des
études en France auprès des étudiants
brésiliens ;
• mener une action de
vulgarisation scientifique
auprès des écoles et universités
brésiliennes ;
• maintenir le contact avec les
anciens étudiants brésiliens en France.
C.
Présentation du plan
La première partie du document s’attache
à
définir la globalisation et la société
de
l’information comme contexte global de
l’étude. Elle
cherche également à définir, dans un
tel contexte,
l’importance de l’information, et donc des sciences
de
l’information et de la communication, dans la recherche de
réponses adaptées aux changements de paradigmes
associés à cette évolution du contexte
mondial.
La deuxième partie est consacrée à une
approche
théorique de l’intelligence (économique
et
territoriale) comme solution de réponse pour les
organisations
au cœur de la globalisation et de la
société de
l’information. Elle définit également
le «
renouveau de l’intelligence économique en France
»
et se termine par une réflexion sur la
nécessité
de la production d’indicateurs dans une démarche
d’intelligence économique.
La troisième partie du document décrit la mise en
place
d’un processus d’intelligence dans un centre
d’information du secteur public, au cœur duquel on
insiste
sur l’importance de la production d’indicateurs en
s’appuyant sur le cas particulier de l’analyse de
la
production scientifique et des collaborations du Brésil et
sur
l’étude la coopération scientifique et
universitaire entre la France et le Brésil.
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